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La conférence de Jaurès

Salut, je suis la suite des conférences historiques de Constantin.
Ce coup-ci, tu devrais me reconnaître : je suis un nom de rue (copyright Desproges). Comme tu peux le constater, je suis statufié dans le marbre pour l'éternité, ce qui veut aussi dire qu'on m'a fermé ma gueule, que j'avais grande, pour l'éternité aussi. Autre avantage, on peut me faire dire n'importe quoi, maintenant. Je te rappelle brièvement qui je suis : député socialiste du Tarn, je déclare des choses comme "le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage", "le socialisme veut que la nation soit souveraine pour briser les privilèges du capitalisme oisif", "parce que le milliardaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine avoir semé", "la propriété foncière est mère d'inégalité et de brutalité"...je t'ai dit que je parlais beaucoup. Peu avant qu'éclate la 1ere Guerre mondiale, je sens venir le très gros caca et je me démène pour qu'il n'ait pas lieu. Résultat, je me fais descendre en pleine rue par un nationaliste, un certain Raoul Villain. On comprend que le type soit aigri avec un nom pareil, mais bon. Du coup, la guerre a bien lieu, avec un million quatre cent mille morts rien que par chez nous (oui, presque la population parisienne) et le double de blessés (un blessé, c'est quelqu'un qui a pris un éclat d'obus dans le genou, le ventre, les burnes, les yeux, ou encore du gaz moutarde dans les poumons, n'essayez pas ceci à la maison, ou bien une balle dans le coude, et bien d'autres choses encore).  Aurais-je suffi à arrêter ce caca ?
Quoi qu'il en soit, imagine-toi que j'ai eu une forte postérité, puisque j'ai plein de rues et d'avenues à mon nom, et même une Fondation ! En 1992, un monsieur décide de s'emparer de ma fondation et d'en faire sa chose, l'un de ses instruments d'avancée vers le pouvoir présidentiel. Ce monsieur s'appelle Dominique Strauss-Kahn. Tu le connais un peu, tu situes le personnage.
Finalement, on n'est pas si mal dans le marbre, loin de tous ces euh, gens.
Allez, je te laisse avec une dernière citation pour la route :
"quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots".