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Des réformes© sont nécessaires, tout le monde l'a compris

-Salut, toi.
-Salut.
-Il va falloir se décider à réformer©, quand même.
-Oui, mais les gens ont peur.
-Hé, ça, c'est un peu normal. N'oublie pas que c'est grâce à l'insécurité qu'on s'est fait élire, après des mois de pilonnage médiatique.
-Mais non, couillon, je te parle pas de celle-là, je te parle de l'autre, la vraie. Celle de quand tu peux pas payer le loyer.
-Oui non mais enfin bon, il faut un homme d'Etat qui assume le courage de ses choix. Or, nous sommes coincés dans une espèce d'impuissance du politique à faire bouger notre pays dans la direction qui va bien.
-Hé oui. Lever les freins à l'emploi, redonner confiance aux investisseurs, tout cela passe aussi par la croissance et une nécessaire simplification du code du travail. Mais que ces réformes sont timides ! Vite, le monde s'impatiente ! Comment se fesse-t-il qu'aucun homme politique ne soit à la hauteur des défis de l'Europe de demain ? Regarde ce gignol de Villepin et cette blague ambulante de Raffarin. Et je ne te parle même pas du futur-présent président.
-Tu devrais pas trop t'étonner, tu sais. Après tout, c'est assez normal : dans le libéralisme, l'Etat c'est les flics, les militaires, et une aumône pour le social, si on est sage. Donc t'as plus trop besoin d'hommes d'Etat brillants...
-Mais...mais il en FAUT absolument, pour mener ces réformes© ! Donner envie d'Europe ! Il nous faut un Mendès-France !
-Ah ben oui. La retraite à 68 ans comme vient de la faire passer Tony Blair, et puis la dernière balle dans la tête du code du travail, c'est clair que c'est du Mendès-France pur jus. Cela lui aurait plu. Jean Jaurès, Tony Blair, tout ça : les réformes, le progrès.
-Euh, je te laisse, ma voiture gêne l'autocar du parti communiste.